ChronoBank: une Blockchain pour l’industrie du recrutement

 

ChronoBank est un projet ambitieux qui vise à changer
les industries RH / Recrutement / Finance d’une manière similaire à la façon dont Uber a innové dans les taxis ou Upwork dans le monde des freelance. ChronoBank veut innover massivement dans le recrutement intérim pour plusieurs professions clés.

Contrairement à Uber et Upwork, l’offre ChronoBank est alternative et très originale surtout parce qu’elle est structurée autour d’un jeton blockchain: un token qui va être un étalon pour le temps.

L’objectif est de changer la manière dont les gens trouvent du travail intérim et encore plus la manière dont ils sont récompensés: dans un cadre décentralisé et sans la participation des institutions financières courantes.

Le ICO pour le projet est en cours sous forme de prévente de jetons TIME. Il a récolté à ce jour (24/01) 3101 BTC, c-à-d 2.8 millions de $.

Il se termine le 14 févier 2017, jour où les organisateurs espèrent avoir récolté 20.000 BTC (environ 16.5 M$).

Le projet se déroule en deux étapes :

Etape 1 – Création de l’épine dorsale financière de ChronoBank.io: les jetons nationaux Labour Hour (LH). Ces jetons sont liés au salaire horaire moyen du pays d’accueil et sont soutenus par l’expertise réelle de grandes entreprises du recrutement et du travail intérim.

Le travail est la ressource la plus échangeable dans l’économie réelle. Les jetons de LH tokenisent la ressource travail d’une nation. Du fait qu’ils sont soutenus par le travail réel, ils sont réfractaires à l’inflation et ont une volatilité quasiment nulle, ce qui les différencie notablement du Bitcoin et d’autres cryptocurrencies. Les jetons LH seront très liquides et accessibles 24/7 via une carte de débit LH.

Etape 2 – Création de la plateforme de marché décentralisée LaborX, dans laquelle les professionnels du recrutement seront en mesure de vendre du travail intérim par tranches horaires en négociant des jetons LH qui vont se substituer aux monnaies fiduciaires pour les paiements et permettront aux gens d’être récompensés pour leur travail. Ces jetons écartent les risques liés à la volatilité, typiques des crypto-monnaies. L’objectif est d’avoir un jeton stabilisé, non contrôlé par les banques, capable de devenir le standard de services en main-d’œuvre. Le patron devra acheter des LH pour payer un travail tandis que l’ouvrier devra reconvertir les LH gagnés en euros. A moyen/long terme, chaque participant ChronoBank aura une réputation dans la plateforme et pourra justifier une rémunération appropriée à son niveau de compétence.

Les jetons de TIME obtenus dans l’ ICO donnent au détenteur des commissions chaque fois que des jetons LH sont émis sur la blockchain: 3% en 2017, 2% en 2018, 1% en 2019 et au-delà. Les détenteurs de jetons TIME auront également droit à des frais de transaction: 0.15% sur chaque opération LH.

Les principales professions visées sont les suivantes:

Chaque fois qu’un professionnel ou un indépendant fait une heure de travail au sein du système ChronoBank, il est récompensé (via des smart contract blockchain) en fonction de ses efforts avec des tokens LH du pays en question. Il y aura par exemple des LHGB, LHUS, LHEU… et ainsi de suite.

Chaque jeton LH national est lié au salaire horaire moyen du pays. Un système de réputation décentralisé permettra aux travailleurs d’être récompensés en fonction de leur formation, expérience et talent. Cela est très différent de la solution one-size-fits utilisée aujourd’hui. Les jetons LH peuvent être émis par des réseaux d’entreprises et peuvent donc être considérés comme une forme de monnaie privée distribuée ou décentralisée.

Chronobank reprend le modèle du timebanking qui a déjà fait ses preuves. Toutefois, le timebanking implique que chaque heure soit identique à une autre, indépendamment du travail fourni et du type de prestations. Chronobank exploite le potentiel blockchain pour reformuler l’idée  timebanking dans le cadre d’un marché libre, adapté aux exigences du XXIème siècle et alternatif au système financier actuel.

Chronobank utilise des entreprises du monde RH/recrutement à la réputation solide pour garantir la fourniture d’heures de travail émises, créant essentiellement une alternative aux banques traditionnelles, ce qui est beaucoup moins cher et plus transparent. Chronobank sélectionne ces sociétés en fonction de leur crédibilité, de la taille et de la performance financière, entre autres facteurs. Le site montre une première liste des entreprises qui ont accepté de délivrer des jetons LH:

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ChronoBank va utiliser différentes blockchains pour émettre ses jetons LH: Waves, Ethereum, NEM…  La première blockchain est Ethereum, et les autres arriveront en support pour garantir plus de sécurité et d’intégrité à l’ensemble du système une fois que celui-ci sera pleinement opérationnel et qu’il y aura un volume assez important de jetons LH.  Les raisons sont d’ordre financier et idéologique mais aussi très pragmatiques: Chronobank veut créer une solution et souhaite diversifier les opérations afin de ne pas être trop dépendant d’une blockchain en particulier.

Le monde des blockchains et des crypto-monnaies est encore à ses débuts et on ne sait pas encore quels protocoles fonctionneront le mieux. Une blockchain peut être affectée de différentes manières: perte d’un ou plusieurs développeurs de base, nécessité de forks impopulaires, financement inadéquat… Ces problèmes peuvent se manifester en temps voulu et retarder les mises en productions. Il est donc difficile de s’appuyer à 100% sur une seule blockchain pour un projet de l’envergure de ChronoBank. Clairement, on ne veut pas risquer une paralysie (ne serait-ce que temporaire) à cause d’une stagnation du projet blockchain sous-jacent. Pour toutes ces raisons, ChronoBank  décentralise l’émission de ses tokens à travers de nombreuses blockchains et reste modulaire afin de pouvoir aussi passer par de nouvelles plates-formes populaires qui pourraient surgir à l’avenir. ChronoBank est ainsi décorrélé de la santé des blockchains qui le portent.

ChronoBank aura un audit de sécurité externe sur tous les smart contracts  qui sont opérationnels dans le système, cela afin d’éviter des accidents comme celui du TheDao.

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Le projet Chronobank est open source: son dépôt GitHub se trouve ici. Ils sont aussi très actifs au niveau partenariats. On notera par exemple leur récent accord avec EmerCoin et aussi leur partenariat avec Lykke, une plateforme d’échange numérique pour toutes classes d’actifs.

Voici la roadmap  2017 :

La plateforme LaborX devrait voir le jour au premier trimestre 2018.

A mon sens, plusieurs obstacles peuvent surgir: l’ICO va-t-il lever suffisamment d’argent, ChronoBank  va-t-il arriver à se faire accepter dans un point de vue légal par les grandes nations (pour l’instant ils sont en Australie), va-t-il être réglementé comme une banque, va-t-il arriver à vendre assez de  LHT sur les crypto-marchés (faute de quoi il pourrait manquer de fonds), va-t-il pouvoir recruter suffisamment de sociétés de location de main-d’œuvre…

Ces types de projets sont en tout cas toujours à suivre de près: de par leur caractère global, s’ils arrivent à percer, ils prendront rapidement des parts de marché mondiales. Sans oublier la driving force commune aux projets blockchain: la désintermédiation et la conséquente baisse des coûts qui se concrétise par un gain financier souvent non négligeable des participants.

 

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