Les Dapps – applications distribuées decentralisées

Les applications distribuées décentralisées sont parmi les nombreuses déclinations d’utilisation d’une blockchain, celles qui ont le plus de potentiel disrupting, du moins à moyen terme

Pour qu’une application soit considérée une Dapp elle doit respecter les critères suivants (source):

  1. L’application doit être complètement open source, elle doit fonctionner de manière autonome sans une entité qui contrôlerait la majorité de sa monnaie émise. L’application peut adapter son protocole en réponse aux améliorations proposées et commercialiser le retour d’information mais tous les changements doivent être décidés selon le consensus de ses utilisateurs.
  2. Les données de l’application doivent être stockés cryptographiquement dans le registre public et décentralisé de la blockchain pour éviter la faiblesse d’avoir un point de coordination central.
  3. L’application doit utiliser une monnaie cryptographique (le bitcoin ou un jeton interne propre à son système) nécessaire pour l’accès à l’application. Les mineurs doivent être récompensés pour leur travail de validation des nouvelles insertions dans la registre publique avec cette monnaie.
  4. L’application  doit générer des jetons de sa monnaie selon une norme cryptographique standard de son protocole. Cette norme agit comme une preuve que les noeuds peer-2-peer contribuent au bon fonctionnement de l’application. Le bitcoin utilise pour cela la proof-of-work.

Les applications décentralisées Dapp peuvent être classifiées selon plusieurs critères. Une méthode est basée sur le fait qu’elle aient leur propre blockchain ou qu’elle utilisent la blockchain d’un autre Dapp.

Selon ce critère, il y a trois types de Dapps:

Type I: Dapp qui ont leur propre blockchain. Le bitcoin est l’exemple le plus célèbre de type I. Le Litecoin et les autre alt-coins sont du même type.

Type II: Dapp qui utilisent la blockchain de type I d’une autre Dapp. Elles sont des protocoles et ont des jetons internes qui servent à leur fonctionnement. Le Protocole Omni ou La’Zooz sont des exemples de type II.
OMNIuseBTCType III: Dapp qui utilisent le protocole d’un type II . Ce sont aussi des protocoles et ont des jetons internes qui servent à leur fonctionnement.. Par exemple Safe Network  (MaidSafe) utilise le Protocole Omni pour publier des safecoins qui serve à acheter le stockage de fichier distribué.  

MAIDSAFEuseOMNI

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Il existent déjà plusieurs Dapp. Elles ont toutes la caractéristiques de uberiser (pour l’instant potentiellement) un géant du net qui est leader dans son domaine.

DAPP SITE WEB DOMAINE CONCURRENT
OpenBazaar https://openbazaar.org/ Vente/Achat Craigslist
LaZooz http://lazooz.org/ Covoiturage Uber
Twister http://twister.net.co/ Social networking Twitter/Facebook
Gems http://getgems.org/ Secure messaging (individual or broadcast) Twitter/SMS
Bitmessage https://bitmessage.org Messages sécurises SMS
Storj http://storj.io/ File storage DropBox
Weifund http://weifund.io/ Crowdfunding platforms Kickstarter

Il est intéressant de souligner qu’une Dapp ne demande aucune entités juridiques pour pour opérer parce que ce n’est pas une entreprise. Tout comme le bitcoin, qui a jailli de rien sous licence open-source MIT.

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Un Dapp établit le consensus selon deux mécanismes: la proof-of-work POW et la proof-of-stake POS.

Avec la proof-of-work, les changements dans un Dapp se font après avoir consulté la quantité de travail cumulée que chaque membre peer-2-peer fournit dans sa contribution au fonctionnement de la Dapp. Le bitcoin par exemple utilise une POW c’est pourquoi les machiens connéctées son’appellent mineurs (miners)

Avec la proof-of-stake, les changements dans un Dapp se font après avoir demandé aux membre de valider la modification. Le consensus est obtenu par une sorte de voting system dans le quel l’importance du vote est proportionnel au % de tokens de monnaie sous-jacente que le membre votant possède.  Par exemple, le vote d’un membre qui contrôlerait 10 % des jetons publiés par la Dapp, aurait un poids de 10%. Le Protocole Omni par exemple est basé sur le POS.

Les deux mécanismes peuvent être utilisés en parallèle, comme est le cas avec Peercoin ou Decred. Une telle combinaison permet à un Dapp de fonctionner avec moins de consommation d’énergie que la seule proof-of-work et aussi d’être plus résistante aux attaques de type 51 %.

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Il y a trois mécanismes par lesquels les Dapps distribuent leurs jetons: mining, collecte de fonds et développement.

  • Avec le mining les jetons sont distribués par un algorithme prédéterminé aux membres connectées lesquels vérifient les transactions et entretiennent ainsi la blockchain de la Dapp. C’est le cas du bitcoin.
  • Avec la collecte des fonds, les jetons sont distribués à ceux qui financent le développement initial du DAPP. C’est le cas de Mastercoins.
  • Avec le développement, les jetons sont produits selon des règles prédéfinies et sont disponibles uniquement pour le développeurs de la Dapp. 

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Pour finir, il est intéressant de mettre dans vos favoris ce site qui liste les Dapp en activité à ce jour.

Pour rappel, le projet Ethereum prévoit la sortie d’un browser de Dapps nommée MIST.  Je vous laisse le découvrir pour l’instant dans cette vidéo. Je reviendrais sur MIST et sur l’importance cruciale qu’il va avoir dans les années à venir dans un prochain article.

 

 

 

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